Lors d’un départ d’appartement, l’état des lieux de sortie couvre les murs, les sols, la plomberie, mais aussi l’installation électrique. Préparer l’état des lieux électrique avant de quitter un appartement suppose de vérifier prises, interrupteurs, tableau et compteur. La difficulté survient quand l’une des parties veut couper l’alimentation avant la visite, ce qui rend une partie des contrôles impossible.
État des lieux électrique avec ou sans courant : ce qui change concrètement
Le décret de 2016 relatif à l’état des lieux en location impose de reporter les relevés des compteurs individuels d’électricité quand ils existent. Ce relevé reste faisable même hors tension : le compteur affiche l’index indépendamment de l’alimentation active du logement.
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En revanche, tester le fonctionnement des prises, des interrupteurs et de l’éclairage nécessite que le courant circule. Si le logement est partiellement ou totalement hors tension au moment de la visite, ces vérifications deviennent impossibles.
| Point de contrôle | Vérifiable hors tension | Nécessite le courant |
|---|---|---|
| Relevé de compteur (index) | Oui | Non |
| État visuel du tableau électrique | Oui | Non |
| Présence et état des caches de prises | Oui | Non |
| Fonctionnement des prises | Non | Oui |
| Fonctionnement des interrupteurs et éclairages | Non | Oui |
| Déclenchement du disjoncteur différentiel | Non | Oui |
| Mise à la terre (test effectif) | Non | Oui |
La colonne de droite représente la majorité des vérifications qui protègent le locataire sortant. Sans courant, seuls l’état visuel et le relevé de compteur restent contrôlables. Le bailleur ne peut alors pas constater un dysfonctionnement préexistant, et le locataire ne peut pas prouver que tout marchait à son départ.
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Résiliation du contrat d’électricité et état des lieux de sortie : le bon calendrier
Un locataire peut résilier son contrat d’électricité avant de quitter le logement. La résiliation entraîne une demande de coupure auprès du gestionnaire de réseau, qui intervient parfois en quelques jours.
Le piège courant : résilier trop tôt. Si la coupure effective précède l’état des lieux de sortie, le logement se retrouve hors tension le jour de la visite. Le bailleur ou l’agent mandaté ne peut alors pas tester l’installation, ce qui peut générer un litige sur le dépôt de garantie.
Quand résilier sans bloquer l’état des lieux
La résiliation du contrat d’électricité devrait intervenir après l’état des lieux, idéalement le jour même ou le lendemain. La plupart des fournisseurs permettent de fixer une date de résiliation précise. Le locataire paie l’électricité jusqu’à la fin effective du bail, pas au-delà.
Si la résiliation a déjà été faite et que la coupure est programmée avant la visite, deux options restent ouvertes :
- Contacter le fournisseur pour décaler la date de coupure de quelques jours, le temps de réaliser l’état des lieux sous tension
- Demander au bailleur d’avancer la date de l’état des lieux avant la coupure prévue, en le prévenant par écrit du calendrier
- Documenter l’état de l’installation par des photos datées et un test complet réalisé avant la coupure, envoyé par écrit au bailleur le jour même
Aucune de ces solutions n’a de valeur contraignante pour l’autre partie. Mais un échange écrit prouvant la bonne foi du locataire pèse en cas de contestation ultérieure.
Vérifications électriques avant l’état des lieux : liste technique
Plusieurs sources recommandent de tester chaque point électrique du logement avant la visite, de préférence en journée et dans un appartement encore éclairé. Le tableau électrique et la mise à la terre sont des points de contrôle à part entière, au-delà des équipements visibles comme les prises et les interrupteurs.
Prises et interrupteurs : méthode simple
Un chargeur de téléphone ou une lampe portative suffit pour vérifier chaque prise. Brancher l’appareil, constater qu’il fonctionne, passer à la suivante. Pour les interrupteurs, allumer et éteindre chaque point lumineux en notant les anomalies (ampoule manquante, va-et-vient défaillant, interrupteur cassé).
Chaque prise et interrupteur défaillant doit être signalé dans l’état des lieux. Si l’état des lieux d’entrée mentionnait un fonctionnement normal, le locataire sera tenu responsable de la dégradation, sauf vétusté.
Tableau électrique et disjoncteurs
Le tableau mérite une inspection visuelle : étiquetage des circuits, présence de disjoncteurs divisionnaires, état du disjoncteur différentiel. Un tableau électrique mal étiqueté ou modifié sans mention à l’entrée peut devenir un point de friction lors de la comparaison entre les deux états des lieux.
Si le courant est encore actif, tester le bouton de test du différentiel (il doit couper l’alimentation immédiatement) permet de vérifier la protection des personnes. Ce test prend quelques secondes et constitue un élément concret à consigner.

Photos datées et preuve écrite : ce qui protège réellement le locataire
Les photos horodatées sont devenues une pratique courante pour compléter l’état des lieux. Pour l’installation électrique, elles ont une utilité particulière : un cliché du tableau électrique, des prises en fonctionnement (avec un appareil branché visible), ou d’un interrupteur endommagé constitue une preuve bien plus précise qu’une simple mention manuscrite.
L’envoi immédiat des photos par écrit au bailleur le jour de l’état des lieux crée une trace datée. Un e-mail avec les clichés en pièce jointe, envoyé dans les heures suivant la visite, renforce la valeur probante du document.
Le locataire n’a aucune obligation légale de fournir des photos. Mais en cas de litige sur le dépôt de garantie lié à des dégradations électriques contestées, un dossier photographique précis et horodaté fait la différence devant une commission de conciliation.
L’état des lieux électrique d’un appartement en location repose sur un principe simple : tout ce qui ne peut pas être testé ne peut pas être constaté. Maintenir le courant jusqu’à la visite de sortie, tester méthodiquement chaque point, photographier le résultat et transmettre le tout par écrit reste la seule méthode fiable pour éviter une retenue injustifiée sur le dépôt de garantie.